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Médiathèque départementale du Puy-de-Dôme

Recherche : Genre documentaire cinema

tristesse club vincent marietteVincent Mariette, réalisateur de plusieurs courts-métrages de nombreuses fois primés, signe ici avec Tristesse Club son premier long métrage. C'est un beau premier film, pudique, sans prétention, avec quelques longueurs et maladresses, mais qui ne laissera personne indifférent. Entre road-movie et buddy-movie, 2 frères que tout oppose, un grand pas mal et un looser pas terrible, partent pour l'enterrement d'un père qu'ils haïssent. Ils rencontrent une jeune femme qui serait à priori leur soeur inconnue. Mais le père n'est pas vraiment mort, il ne serait que disparu... L'intrigue est posée, mais rien ne se passe comme prévu et les rebondissements s'enchaînent, les révélations se font petit à petit, les langues se délient peu à peu et les secrets de famille resurgissent comme des pièces de puzzle... Laurent Lafitte, Vincent Macaigne et Ludivine Sagnier forment un trio surprenant qui n'est pas sans rappeler le trio des Valseuses de Bertrand Blier ! Les acteurs sont justes, talentueux. Des thèmes douloureux sont abordés (la filiation, les fardeaux familiaux...) mais une dose subtile d'absurdité permet de les désamorcer. Ce film est difficilement classable, on oscille entre rire et tristesse, il est légèrement déroutant, mais c'est une heureuse surprise.

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Timbuktu SissakoSi le célèbre auteur comique grec Aristophane devait ressusciter au XXI siècle, nul doute qu'il pourrait écrire Timbuktu, le film franco-mauritanien d'Abderrahmane Sissako.

L'on retrouve dans ce film la capacité à dénoncer l'usurpation et la tartufferie ou à faire surgir le rire à partir de situations graves ou absurdes. Mais malheureusement la comparaison doit s'arrêter là, rattrapée par la triste réalité...

En effet, et contrairement aux comédies d'Aristophane, rien ni personne n'est en mesure de stopper le long processus d'embrigadement et de persécution engagé par les fondamentalistes religieux. Le spectateur assiste impuissant à la politique de terreur et de destruction qui règnent dans la ville de Tombouctou au Mali.

Bien sûr et sans revenir sur la polémique qui a suivi les Césars attribués au film, l'on peut déceler quelques faiblesses dans le rythme, dans l'idéalisation de certains personnages ou l'omission de quelques réalités politiques locales peu glorieuses. Mais la fable reste une manière sensible et intelligente pour traiter de cette situation dramatique, dans un contexte de peur qui a malheureusement poussé certains cinémas à dé-programmer l'oeuvre.

Une bonne raison de plus, donc, de regarder en ligne Timbuktu, Le Chagrin des oiseaux.

Engrenages5 JardinCette cinquième saison d'Engrenages de Frédéric Jardin, Frédéric Kaledjian, Nicolas Guicheteau tient ses promesses. Tout au long des saisons précédentes Laure, Gillou, Tintin, tout autant que François Roban, Pierre Clément ou Joséphine Karlsson nous ont tenu en haleine. Ils continuent sur leur lancée. Nous voilà encore une fois plongés dans l'univers très réaliste du milieu policier et judiciaire avec tout ce qu'ils peuvent comporter d'actes héroïques et courageux mais aussi de malversations, manigances et bassesses.

Même si les métiers de ces personnages ne leur laissent que peu de temps pour leur vie privée, cette saison les montre en tant qu'hommes et femmes presque ordinaires. Les acteurs jouent juste, le scénario ciselé et inspiré et les nombreux rebondissements de la saison confirment les prix précédemment attribués à cette équipe et nous ne pouvons qu'espérer le plus rapidement possible la suite de cette série française de quailté passionnante... et effrayante !

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les amants electriques plymptonUn accident d’auto-tamponneuse…. et c’est le coup de foudre ! Jack et Ella vivent le parfait amour mais une autre femme arrive pour semer le trouble et faire naître une jalousie qui va se transformer en haine, avec envies de meurtre et de vengeance …  Les amants électriques de Bill Plympton est un dessin animé pour adultes exclusivement. Bill Plympton est l’un des derniers défenseurs américain de l’animation traditionnelle, avec des dessins au crayon, à la gouache et à l’aquarelle, pas de dialogues, uniquement des bruitages et des onomatopées. La musique signée Nicole Renaud, soprano française accompagnée d’un accordéon, est sublime, tout à fait en accord avec les images. L’humour est omniprésent, loufoque et satyrique. Les personnages sont très caricaturaux, voire monstrueux, l’érotisme est aussi très présent, avec une multiplication de métaphores visuelles à caractère grivois voire carrément osé. Un gros travail est fait par le réalisateur sur les jeux d’ombres et les perspectives, le montage quant à lui est très dynamique, une sorte de danse d’un crayon fou… Ce film est une variation superbe autour de l’infidélité et de la jalousie, le titre original Cheatin’ signifiant tromperie, une sorte d’opéra fantaisiste plein d’émotions. Quatre ans de réalisation, un tout petit budget pour nous offrir un film d’amour décapant, parlant de l’amour et de ses blessures, parvenant à nous dire par le biais de traits de crayon des choses vraies, belles et poignantes. Un petit bijou de l’animation.

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the tribe slaboshpytskiyGrand prix Nespresso de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2014, The Tribe a provoqué, lors de sa projection en salles, une véritable onde de choc, non pas par le contenu violent qu'il présente au spectateur, mais par la forme que le réalisateur propose, totalement inédite.

Ainsi, avant d'appuyer sur le bouton "visionner", mieux vaut être averti que l'on va regarder un film tourné complètement en langue des signes, volontairement non sous-titré, sans aucune voix off ni musique. Tout cela laisse peu de place pour la compréhension d'un scénario déjà fragilisé par des lenteurs et une multiplication de plans fixes dont on peine à voir l'intérêt. Seul le synopsis, que l'on aura pris soin de lire avant de lancer le film, peut donner quelques indications quant à la teneur de l'histoire, puisqu'en l'occurrence, le spectateur est privé de toute forme de langage. Tout n'est que déductions, suppositions, interrogations, et c'est dans cette atmosphère que l'on suit pendant plus de deux heures le parcours de Sergey, jeune ukrainien qui, fraîchement arrivé dans un internat spécialisé pour sourds et muets, découvre et tente de mettre fin aux trafics qui règnent à l'intérieur comme à l'extérieur de l'établissement.Les scènes de violence et de sexe ne sont pas plus percutantes parce qu'elles sont filmées sans son, dans la mesure où le spectateur, à aucun moment, n'a accès à l'univers de ces jeunes en quête d'on ne sait quoi.

L'arrivée du générique de fin met un terme aux souffrances des personnages comme à l'ennui du spectateur, s'il ne s'est pas assoupi avant.

En bref, The Tribe est un film à réserver à un public très amateur de "décortiquage" intellectuel.

Voir en ligne The Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy 

 

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